L'église Saint Carrad'heuc

 

 

La fondation primitive de l’église de Donzy remonte aux premières années du XIIe siècle et est attribuée à Hervé II, baron de Donzy en 1121 ; elle était desservie jusqu’à la Révolution par un collège de chanoines.

 

Elle devient collégiale au XIIIe siècle pour abriter les reliques d’un ermite qui avait été apportées par des moines bretons au village voisin de la Bretonnière. La translation des reliques eut lieu en 1170, en cette même année le roi Louis VII le jeune aidé de Guy comte de Nevers attaquèrent Hervé III baron de Donzy, assiégèrent et rasèrent son château.

 

L’église eut à souffrir pour la première fois de cet assaut, et connut d’autres pillages ; elle fut reconstruite vers 1180 puis de nouveau ruinée par les incendies de 1440 et 1488 qui ravagèrent la cité. Elle fut rebâtie au début du XVIe siècle en style flamboyant ; Le 12 juin 1508, Jean Baillet évêque d’Auxerre, et la comtesse Françoise d’Albret permettent la reconstruction de Saint Carradh’euc ; on doit à cette reconstruction la porte latérale de l’église. En 1569 les calvinistes, maîtres d’Entrains et de La Charité sur Loire saccagent la collégiale, dévastée depuis cette époque, elle fut interdite au culte par l’évêque d’Auxerre à la fin de l’ancien régime. En 1839, une souscription des habitants de Donzy et un don de Louis Philippe et de la reine Amélie permirent la restauration de l’église.

 

La reconstruction dura 10 ans

 

De l’église ancienne, il ne reste que le chœur et une partie du collatéral nord où la première’ chapelle, celle des fonts baptismaux renferme un autel et des colonnes du XVIe siècle. Dans la deuxième chapelle de style flamboyant les arcs de la voûte retombent sur des culots ornés de symboles des évangélistes. La tour a une hauteur de 37 mètres

 

A la base de la tour, l’épigraphe « Liberté, égalité, fraternité » qui excite la curiosité des touristes résulte d’une opposition « digne des aventures de Pépone et de Don Camillo ».

 

En 1881, le maire désire à l’occasion de la fête nationale faire peindre la girouette de l’église aux couleurs républicaines. Il s’ensuit un différend qui dura de 1881 à 1897 avec le curé de la paroisse. Le maire fait interdire les processions par un arrêté communal ; le curé passe outre, ce qui le conduira en prison durant deux jours en 1897. Pendant ces évènements, le maire fait peindre sur le mur « Propriété Communale » puis l’épigraphe, que l’on peut lire actuellement « Liberté, Égalité, Fraternité » L’événement prit une dimension nationale et un arrêt du conseil d’État annula la décision de justice et réhabilita le curé Bailly.

 

Après la reconstruction de l’église, de 1839 à 1849, on fit abattre les maisons alignées au pied de l’église pour y construire le parvis et l’escalier en 1856.Ces maisons parallèles à l’église, bordaient une ruelle appelée autrefois rue du Cloître ; elles étaient occupées par des boutiques et des ateliers d’artisans. Au XVIIIe siècle, selon l’abbé Rougé les marchands à Donzy étaient en petit nombre.