La chapelle Saint Martin de Donzy le Pré

 Cette petite église (30m sur 9) a été édifiée sur l’emplacement d’une église primitive et date des débuts du christianisme en Gaule. L’existence alentour de tombes anciennes et de sarcophages le prouve. Cette église paroissiale avait sous sa dépendance : Donzy le Pré, les hameaux de Lyot, Bailly, Saint Jean et les forges de l’Eminence.

 

Saint Aunaire en 596 et Saint Tétrice en 691 font état de cette paroisse, placée sous la protection de Saint Martin qui évangélisa cette région nivernaise.

 

Lors de la guerre de cent ans (1337-1453) les troupes anglaises détruisent la ville à deux reprises en 1359 et 1434

En 1569, les protestants saccagent Donzy le Pré et n’épargnent pas la Chapelle Saint Martin qui devient la proie des flammes.

En 1572 après l’épisode de la Saint Barthélemy, Donzy le Pré est repris par les habitants, les protestants quittent la ville.

Cette église fut importante quand le Pré était l’agglomération de Donzy, mais ses habitants la quittèrent pour se grouper autour du château érigé par les barons de Donzy et profiter ainsi de leur protection. Donzy le Pré ne fut plus qu’un hameau de Donzy le Castel.

 

Saint Martin n’a plus de desservant depuis la Révolution. Dont le dernier en date fut l’abbé Badoniot, vicaire de Saint Carrad’heuc. Il fut nommé curé de Saint Martin mais refuse de prêter serment à la constitution civile du clergé. Très malmené il tint tête aux révolutionnaires avec obstination ; il fut arrêté en 1792, conduit à Nantes avec 61 prêtres réfractaires de la Nièvre. Il ne fut pas comme les autres, noyé par Carrier mais souffrit tellement de sa détention qu’il mourut à l’Hôtel Dieu de Brest, peu après. Il n’avait pas trente ans

 

ARCHITECTURE DE STYLE ROMAN

 

Cet édifice, à une seule nef subsiste dans son entier. Son architecture date du XIe siècle, le chœur du XIVe siècle.

 

On y célébrait, il y a cinquante ans encore, la messe trois fois par an, pour les rogations, pour la fête de Saint Martin (en novembre) et pour la fête de Saint Sulpice le 27 Août.

 

La façade présente un portail en cintre un peu surhaussé dont l’archivolte torique, accompagnée d’un rang de perles et de quelques moulures, retombait sur deux colonnettes dont l’une a disparu, l’autre à un chapiteau sculpté d’un aigle.

 

Une baie cintrée, actuellement bouchée et trois corbeaux qui portaient le toit d’un porche se voient sur cette façade. Les murs de l’église sont appuyés sur des contreforts plats terminés en biseau.

 

A l’intérieur, la nef ne présente que peu de caractères : elle est voûtée en planches, comme les chœurs dans lequel on entre par un arc cintré : le mur terminal est ajouré de deux baies en ogive primitive comprises, ainsi qu’une quartefeuille qui s’ouvre au-dessus d’elles, sous une arcature cintrée.

 

Deux baies ogivales percent les murs latéraux. On remarque aussi un très ancien bénitier du XIIIe siècle, grossièrement taillé dans un bloc de granit reposant sur un des chapiteaux provenant du Prieuré voisin, Notre Dame du Pré.

Une imposante pierre tombale de 2.50 m sur 2.10m représente Françoise de la Rivière. Son effigie gravée au burin la montre en grand costume de cour, les mains jointes sur la poitrine.

L’inscription indique qu’elle est décédée à l’âge de 20 ans en l’année 1607, Dame d’honneur de la Reine Marguerite.

 elle le fut brièvement car la fameuse Reine Margot ne fut autorisée à reparaître à la cour et à reconstituer sa Maison qu’en 1606 après qu’elle eut consenti à annuler son mariage avec le Roi Henri IV.

 

Le sol de la chapelle offre une grande diversité de dalles funéraires des XVIe et XVIIème siècles. Il s’agit pour la plupart de Maîtres de forge ou de personnages connus.

 

Épitaphe de l’une des pierres tombales :

Dans ce sacré tombeau, gist le corps honorable du Bon Thomas

Dumez, ce Chenu vénérable. Priez pour lui, passans ce grand

Dieu .

Débonnaire, qu’il lui baille repos en sa céleste gloire,

Il est décéddé le 28 août 1607 à l’age de 67ans

(in texto)

 

Sur les murs de chaque côté du chœur on peut admirer des œuvres en trompes l’œil du XVIIIe siècle) mis à nu il y a quelques années.

 

Certains spécialistes pensent que tous les murs recèlent également de fresques intéressantes difficiles à mettre à découvrir par des mains inexpertes