Moulin de l'île Donzy

Dans la première moitié du XIXe siècle, le comte d’Osmond fit bâtir dans ce site une petite forge destinée à la fabrication de pointes et de clous en tous genres.

 

Elle faisait partie d’un ensemble industriel : forges de l’Epeau, forges de l’Eminence*, Moulin de la Tréfilerie. A cette époque, le comte et la comtesse d’Osmond sont propriétaires des forges de l’Eminence, de Bailly (Donzy), de la forge et du fourneau de Champdoux (Sainte Colombe des Bois). Ils contribuèrent à l’essor industriel de la ville de Donzy et permirent aux forges de Donzy de produire plusieurs milliers de tonnes de fer par an. La forge de l’Eminence produisait 200 tonnes de fer par an, les forges de Bailly 75 tonnes, la forge et le fourneau de Champdoux qui produisaient 500 tonnes de fonte sous Mazarin en produisirent 1000 en 1839, nécessitant la consommation de 1600 tonnes de charbon et de 20 000 stères de bois. Le travail du fer de sons extraction jusqu’à obtention du produit fini demande énormément de main d’œuvre ce qui explique que l’industrie du fer permit à la ville de Donzy de compter près de quatre mille habitants en 1846 et de contribuer à son essor économique.

 

Avec le déclin de la sidérurgie nivernaise, la forge fut transformée peu de temps après sa construction en atelier de mécanique jusqu’au moment où la famille Rameau en fit l’acquisition. En 1858, les Rameau firent ajouter un moulin à huile, exploité et modernisé après la guerre de 1914 par Alexandre Rameau, qui dota le moulin d’une turbine horizontale encore en fonctionnement. L’atelier mécanique périclitera par suite de concurrence entre 1915 et 1920. Il lui succèdera une fabrique d’eau et de limonade qui sera revendue quelques années plus tard.

 

A la fin de la guerre, la famille Rameau ne conservera que l’huilerie à laquelle s’ajoutera vers 1925 un atelier d’appâts de pêche qui employait une dizaine d’ouvriers.

 

Elle recueillit sa renommée avec plusieurs titres nationaux et internationaux, pour les appâts et son huile de noix.

 

Des 11 moulins que comptait la ville de Donzy au milieu du XIXe siècle seul le moulin de l’Ile reste en activité.

 

L’énergie qui anime ce moulin est d’origine hydraulique. Une turbine met en mouvement un arbre principal de transmission qui distribue la force motrice à l’atelier.

 

L’huile de noix y est toujours fabriquée selon des méthodes éprouvées, mêlant des automatismes rudimentaires et le savoir faire de l’ouvrier travaillant « au jugé ».

 

Les produits de l’huilerie recevront encore très récemment plusieurs titres européens pour leur qualité.

 

 

*Forges de l’Eminence : appelées ainsi car elles furent la propriété du Cardinal Mazarin au XVIIe siècle. En 1770, elles étaient la propriété des ducs de Nevers.